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   annonce sortie en librairie (0 commentaire)
[31/08/2008 20:08]

En fin de semaine prochaine sortie ....

"La bêtise pour bonheur"

de Audrey Chapon

Editée chez Edilivre -Aparis

Vous pouvez le commander sur internet sur le site de Edilivre / Amazone.fr / alapage.com ou chez votre libraire sur le réseau DILICOM

N'hésitez pas à le faire lire à vos amis ou amis libraires qui peuvent en commander pour les vendre !!!!

J'attends vos commentaires !!!! C'est une grande amie ...





   un lien : PETITION POUR UN APPEL LAIQUE (0 commentaire)
[26/02/2008 21:44]

http://www.appel-laique.org

 

C'est une pétition pour le respect des Droits de L'homme et du citoyens qui sont le fondement de notre pensée et de notre société actuelle....

Si vous désirez signer c'est ici !!!!





   TRAJET - Nouvelle (0 commentaire)
[25/02/2008 14:09]

I

FIXATION

« Te voilà dans les hauts fonds, dans la grande fosse. En quête de sérénité, loin des misères terrestres et du bruit des cités. Les mâts s’entrechoquent, les voiles claquent, la coque découpe la mer en lamelles… » Elle trouvait ça sensuel. Elle adorait les eaux.

Le trois novembre, demain le quatre, un de ses départs. Un parfum de tristesse s’installe. Elle n’a jamais autant souhaité que le temps s’arrête et fasse de ce trois une semaine encore et non vingt quatre petites heures mesquines durant lesquelles il faut travailler à profiter de tout dans le moindre détail, « de toi » murmure-t-elle. L’atmosphère se charge d’amertume quand elle repense aux heures gâchées par de minables timidités. Gâchées quand il fallait confier des choses intimes et pourquoi ne pas les avoir dites ? Atteinte d’un autisme de la vie par peur de souffrir de se montrer mais qui était-elle pour vivre cachée ? Il ne l’aurait pas trahie, il aurait tout dit parce que « tu es honnête ». Nous savons bien, lui aurait-elle dit, que les choses ne durent pas mais je suis convaincue que nous pouvons nourrir les évènements sans attachement primaire, sans étouffement, sans question. Il suffirait juste d’un peu de courage et d’enthousiasme. Avoir juste envie d’être heureux. Pouvoir aimer simplement. Cheminer vers la simplicité. Le voyage est long et douloureux. J’ai tout gardé, reste à le rendre beau.

Figée, pour seul souffle un clignement d’yeux. La mémoire comme encre vient délayer les mille sentiments « qu’ai-je fait ? ». La mer, son visage, un phare, le mât, la route, le choc, elle. Un grave retour sur elle. Figée. L’air stagne dans la pièce le jaune des murs brunit, c’est aujourd’hui que le temps est libre. Tard mais maintenant.

SENSATION

Il dort. Allongé sur le dos le corps complètement découvert. Il fait si chaud. Il est trempé, il ruisselle dans ses draps. Dehors un soleil écrasant, l’atmosphère est brouillée par son humidité. Elle le regarde et devient moite aussi. L’étoffe posée sur ses épaules glisse lentement, accroche ses cuisses tant elle transpire devant cette image. Nue, elle est nue maintenant, nue devant lui. Il dort. Elle s’installe sur le tapis humide près de lui et colle son corps contre le sien. Dans cette eau son corps se dessine sur le sien. Il fait si chaud. Elle fond et laisse son empreinte sur lui. Il tourne le visage et la voit. Silence. Il prend un peu d’air dans sa bouche et vole un peu de son humidité. Ils sont à découverts et entièrement exposés. Tous les deux vulnérables. Il fait si chaud. Elle plonge sa main sur son ventre, il se raidit, reprend un peu de moiteur. Elle ramène doucement toute l’eau vers son cou et dans un mouvement continu se pose entière sur lui. Silence. Elle baigne son visage le long de son corps, elle fouille sa peau, embrasse, empoigne sa chair et le prend dans sa bouche. Il prend une bouffée d’air qu’il retient, son dos se courbe, ses mains séquestrent son visage frappé de sueur. Il la ramène à sa bouche, l’embrasse, glisse sa main dans son sexe. Elle n’est plus qu’un miroir. La pièce jaune l’illumine. Contraction des muscles, vertiges. Le vent se lève, les corps sont ballotés d’une eau à une autre, les caresses claquent sur la peau, le souffle se coupe. Attente. Silence. Regard. L’orage éclate enfin dans un gémissement profond, toutes les eaux s’enroulent et se brisent en mille morceaux, les muscles se perdent dans des spasmes violents. Tout est confondu, le voyage est long. L’air aspire la danse et tout s’échappe le souffle est rapide et puissant. Il est allongé sur son corps présent entre deux terres inexistantes .Silence.

« Maintenant » dit-elle dans un souffle fantomatique. . . Le silence s’installe seul un râle rythme le temps. Douleur. Deux mois maintenant. Elle ne sait rien. Elle pourrait s’en contenter et continuer de vivre .Elle ne peut pas. Sa présence est partout. Il rôde. Elle entend sa voix. Quand il était là, il lui parlait. Le souvenir la brise. Elle ne sort pas du souvenir. Tout fait écho. Partir. Elle doit partir. Elle enfile un pull. Il est à lui. Il est encore dans ce pull. Tout fait écho. Elle jette violemment au sol ce tissu. Elle s’assoit brusquement. Ses yeux se perdent. Elle tente de faire le vide. Douleur. Son ventre se crispe. Elle veut le voir. Elle se perd. Elle se lève et cherche. Elle cherche un moyen de s’abrutir pour ne plus penser. « Aliénée, je suis aliénée. » La pire de toute les maladies « l’aliénation ». Elle s’était juré de ne jamais céder à cette folie. C’est trop tard. Elle a déraisonné. Elle fantasme. Comment retrouver le juste attachement. Douleur au ventre. Le vide à côté d’elle. Il fait si chaud. Il n’est pas là. Elle rêve. Douleur. Elle est seule, nue plaquée sur le tissu trempé. Elle rêve. Elle empoigne les draps, plonge sa bouche dans les plis du lit et écrase un long cri de douleur. Il n’est pas là.

« Je ferai en sorte de ne pas t’attendre » Ne pas attendre son retour. Ne pas le voir s’il n’est pas là. Ne pas le rêver. Elle s’était promis tout ça et elle en avait la force mais maintenant à cet instant elle s’est perdue. Retrouver la force de faire, ne plus être passive.

FIXATION

Encore une fois prétexte à tourner en rond. Devenir fantôme. Perdre la substance et s’éloigner du monde. Fuir devant les véritables malheurs. Tout est prétexte à s’échapper à ne pas voir. Dans cette chambre obscure où plane une odeur infâme de nostalgie. Le jaune des murs noircit. Ses yeux se remplissent d’eau et la pièce est tremblotante. L’oxygène se fait rare. Chuter à grande vitesse dans la mélancolie. Comment se fait-il qu’il semble ne plus rien y avoir au bout. Comment ne pas le salir. Tentée par un sentiment de à quoi bon. Résister. Quelle est cette petite lumière qui la tient encore debout. « Je ne veux pas partir »

Qu’ai-je oublié ?

II

MIRAGE

Elle se voit sourire, pleine d’énergie et de force. Faire bonne figure ne pas trahir son désenchantement. Sa déception absurde. Comment expliquer à d’autres qu’elle crève de manque. A chaque minute tout se fait se pense dans l’espoir absurde qu’il apparaisse. Deux mois sans nouvelles et cette paralysie constante. Ne plus bouger « il pourrait arriver ». Elle sait qu’il est loin. Perdue. Errer. Elle passe à côté des autres sans même les voir. « Peut-être eux aussi ne vont pas bien. Qu’est-ce que j’en sais ? » Ne pas les voir, vouloir les voir mais ne pas les voir. Elle s’assomme de travail pour remplir sa tête mais reste une ombre au tableau. L’attente. Cette attente destructrice. Mettre un disque et monter le volume au maximum. Saturation. Elle ne résout rien elle enfouit la bête. Après tout c’est un autre moyen de combattre. La bête est là. Cette vicieuse continue de paralyser toute entreprise. Pire qu’une gangrène une focalisation à plein temps incontrôlable. Absorbée par l’absence. Elle prend machinalement son courrier. Elle hésite, la bête remonte, pince l’estomac ses yeux se mouillent. D’un coup sec elle déchire une enveloppe et lit automatiquement froide. Les yeux vides les mains collées au courrier. « je suis heureux ». Pendant cinq minutes elle relut le mot. Enfin elle éclate en sanglot. « Honte à moi ! Honte à moi ! » Pleurs, cris, coups de pieds aléatoires, monte encore le volume et crie un son monstrueux racontant son désespoir. Elle n’en revenait pas d’avoir oublié à ce point qu’il pouvait être heureux. Comment avait-elle pu prétendre aimer cet homme sans jamais se demander s’il était heureux. Lui l’aimait certainement davantage, il éprouvait le besoin de lui dire « je suis heureux ». Il avait suffisamment confiance en elle pour l’informer de son état. Elle se sentait honteuse d’avoir nourri cette neurasthénie pendant des jours à se régaler de son malheur. A croire égoïstement que c’est à elle qu’on avait fait du mal. Sans envisager pouvoir faire son bonheur. De quel droit avait-elle cru ne pas mériter ça ? Lui méritait son bonheur, n’avait-il pas été plus généreux en lui disant simplement « je suis heureux » ? Il la remerciait presque de lui avoir donné cette occasion. Elle salissait tout en agissant comme une abandonnée. Etre abandonnée était un luxe qu’elle ne méritait pas. « Je devrais me contenter de ce bonheur » mais non il fallait un miroir pour elle, il fallait lui renvoyer sa propre image. Il fallait absolument qu’elle se voit belle dans ses yeux à lui. Il était beaucoup plus simple que ça lui. « Il était heureux » et pensait naïvement que cette nouvelle pouvait leur suffire. Elle avait tout gâché. Qu’aurait-il pensé s’il avait su que son plaisir était prétexte à sa douleur. Qu’aurait-il pensé s’il avait su qu’elle se complaisait dans la douleur alors qu’il était heureux ?

FIXATION

Le jaune sur le mur crépite. Un instant de jaune se gâte. Avoir oublié son plaisir. « Attendre », avoir passé des heures à attendre sans même savoir le goûter quand il était là. L’oxygène s’altère rapidement. Les murs se couvrent d’une bouillie jaunâtre. La chambre est de plus en plus étroite. Cette pièce ne veut plus rien dire. Son jaune a passé. Figée. Même le sang bleuit à force d’être compressé. Spasmes, la mer, le mât, son visage, elle. Douleur au ventre. Nausée. La route, les larmes, le mât, le visage, lui, elle. Une mâchoire qui la prend entière. Douleur. Elle sue. Très bas. Figée très bas. Se regarder sombrer lentement dans la douleur. Pire, se délecter du naufrage. Qu’est-ce que je ne vois plus ?

REMINISCENCES

La montagne est noire ce matin, les parois qui nous cernent sont étrangement sombres et le ciel plutôt bas. La forêt en bas n’est plus qu’un immense trou noir. La limousine glisse le long de la route. Après chaque virage elle se dit que c’est un miracle d’être encore en vie. « Je vous dépose au pied du chalet ». Elle répond oui comme tous les matins. Sur ses genoux elle couche quelques lignes qui lui sont destinées.

Je ne sais pas où tu te trouves aujourd’hui. Au cœur de quel océan ? Ici toujours la même histoire. Enfouie depuis plusieurs semaines dans ce rapport de neuf cent quatre- vingt pages. Dans lesquelles s’accumulent tant d’horreur. On me surveille. On n’aime pas mes corrections et mes propos. Hier encore un homme d’état m’a assurée que certains des témoignages étaient forcément faux, que tout ceci n’était qu’exagération et calomnie. ..

La voiture s’arrête. Les discussions reprennent. Il s’agit depuis une semaine, pour la communauté internationale de se pencher sérieusement sur la violation des droits de l’homme qui sévit depuis le début du vingtième siècle. Quelque soit l’Etat et la forme de l’atrocité. Elle est chargée de la correction de centaines de témoignages sur différents massacres perpétrés dans le monde. Corriger et envisager une reconstruction sociale, culturelle et imaginer les besoins de toutes ces victimes traumatisées et cassées. Il leur faut rassembler tous ces témoignages dans l’espoir de freiner la récidive. Page cinq cent vingt-huit, une fillette de douze ans raconte sa mère torturée, violée et enfin décapitée, « le pire c’est d’avoir pris ses yeux » conclut-elle. Un sentiment plus pragmatique lui vient toujours à l’esprit après la lecture de ces mots. Elle est toujours stupéfaite par l’énergie que demande cette grande criminalité. En visionnant un reportage sur un autre massacre, elle constatait l’effort que demandait l’entreprise. Organisation des convois, construction de camps, drainage des terrains, volume d’air nécessaire au mètre carré par prisonnier. Comment se fait-il qu’on y mette autant d’énergie ? C’est peut-être ce qui nous protège d’un surplus de bourreaux. Est-ce que la volonté de démocratie et de liberté serait le fruit d’une paresse ? Elle est d’autant plus stupéfaite qu’elle est convaincue qu’une telle force ou un tel désir mène aussi au bien être. C’est peut être pour cette raison également qu’il n’y a pas plus de sage ? « Le pire c’est d’avoir pris ses yeux ». Elle connaissait l’existence, en Europe de l’est, d’un trafique d’œil. Mais une fois de plus, de façon détachée et naïve, elle s’interroge plus sur toute cette énergie déployée pour organiser un tel transport, le but étant de ne pas gâcher la qualité de l’organe pour en tirer le plus de profit possible.

« J’ai perdu la passion et l’envie de pleurer sur leur sort. En fin de compte je ne suis pas moins utile en me détachant de leur douleur. Si même l’intention est bonne et le combat juste, c’est navrant de voir l’histoire se répéter. Parfois je me demande comment nous espérerons un retour à la vie quand, souvent, les auteurs de ces tueries de masse, nient l’existence des évènements…plongée dans cette réalité et pourtant tellement aveugle. Je ne comprends plus ce que je dois savoir. Où es-tu ? »

Quelques années avant, à la découverte d’un charnier sur une partie d’un continent défait. Après l’incompréhension de ce qu’elle voyait la colère s’était emparée d’elle. En saisissant le bras d’un des bourreaux encore présent. Celui-ci était blessé et mourant, roué de coups par les villageois fous de rage et de désespoir. « Ne me tuez pas » répétait-il sans cesse. Elle lui avait répondu simplement que ce n’est pas lui qu’elle voulait tuer mais plutôt elle. « Oui, à chaque fois c’est moi que j’ai envie d’abattre. Leur acte me donne toujours cette impression que nous, le reste de l’humanité, sommes responsables tellement nous ne savons pas comment arrêter cette machine. Non pas que je crains pour mon salut et justement parce que je ne crains rien pour mon salut. Je ne crains plus rien c’est bien ça le problème.

Je ne peux pas prétendre arrêter cette machine parce qu’à la différence du bourreau je ne crois plus en rien. Lui est au moins convaincu de l’utilité de son crime. Je ne l’aime ni plus ni moins que ceux que j’ai la prétention de pleurer. Et pourtant ce que je vois ne me plaît pas. Mais qu’est-ce que je vois ? »

FIXATION

Trempée de sueur. Devant le miroir de la chambre complètement obscurcie. Elle s’invente un entretien. Tout ça n’est pas sérieux. Se faire son procès. Interrogatoire en profondeur. « Nous concluons… la folie peut-être ? Non, c’est plus simple que ça : la perte. Plus d’amour. Pardon, vraiment je demande l’indulgence mais je crois que je ne sais plus aimer simplement. Qu’elle est la peine pour ça ? ». Il n’y a plus de jaune sur les murs. Jusqu’au bout elle a défait la lumière. L’étau c’est la liberté. Tout autour est transformé. Voir ce qu’on veut. « Le pire c’est d’avoir pris les yeux »

ACHARNEMENT

Dehors tout est calme. Au bord d’un désert. La chaleur écrase tout, les sons n’existent plus. Tout est vivant mais en dessous. Plus une vie à la surface et pourtant tout bouillonne en profondeur prêt à exploser au moindre changement de température. Au bord de ce désert dans une pièce bondée d’hommes et de femmes en costume, un homme raconte. Un homme raconte la violence avec laquelle il a vu tous ces oncles et frères décapités par les soldats. « Il fallait partir ! Il fallait partir ! » Criait-il encore plein de son histoire. « Pendant des heures il nous fallait marcher loin. Loin d’eux ! Je ne veux pas perdre ma tête » Son récit passe au présent, son regard change. Dans son fauteuil son corps prend le rythme de sa marche. « Chaque soir je m’arrête, parce que je tombe d’épuisement. Je vole de temps en temps du sel et trouve un peu d’eau pour soulager mes pieds mais je hurle à chaque fois parce que le sel sur les gerçures m’arrache le cœur. Regardez ces creux dans mon visage. J’ai séché au soleil. Ils m’ont condamné à vingt années de plus en quelques jours. Je marche, je marche, j’ai faim, j’ai soif mais surtout je ne veux pas perdre la tête. La mémoire est revenue et progressivement elle a mangé ma tête. »

« Ce récit m’a effrayée. Cet homme nous a raconté que son visage était perclus de grimaces depuis ce jour. La mémoire l’a métamorphosée en une espèce de monstre… »

« Ils m’ont rattrapé. Nous avons été déporté… ma tête était mangé, je ne voyais plus rien… »

En écoutant ce récit elle regardait des photos. Nul besoin d’être psychologue pour lire sur les visages la douleur et pourtant tout semble si calme. Une femme regarde l’objectif, le calme après la tempête. Cette femme couve en son fond une douleur et un chagrin inconsolables. Le monde autour est figé. Des ruines, des regards brisés. Tous les espoirs sont à cette seconde anéantis. Le silence de l’anéantissement. « Nous ne parlons pas, nous gémissons… je ne sais pas si il existe plus bas. Je ne voulais même pas mourir mais juste être libéré. Mais les autres et moi on ne savait même pas de quoi on pouvait être libéré. »

« Quelle est la frontière entre anéantissement et sérénité ? Faut-il se risquer jusque-là ? »

 





   LE DICTATEUR -Discours (0 commentaire)
[23/02/2008 15:50]

Oui, aujourd'hui je suis un peu inquiète parce que j'entends des propos qui me font un peu peur et j'aime ce que ça devient.... Par sensiblerie je vous fais partager un texte que j'aime et qui m'avait touché à l'époque .....

De Charlie Chaplin

- Parle, c'est notre seul espoir.

- Le barbier: Espoir... Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l'avons oublié.

L'envie a empoisonné l'esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l'abondance nous laissent dans l'insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d'intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d'humanité.

Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n'est plus que violence et tout est perdu.

Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l'être humain, que dans la fraternité, l'amitié et l'unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d'hommes, de femmes, d'enfants désespérés, victimes d'un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m'entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n'est que le produit éphémère de l'habilité, de l'amertume de ceux qui ont peur des progrès qu'accomplit l'Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu'ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu'il faut faire et ce qu'il faut penser, qui vous dirige, vous manouvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.

Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cour.

Vous n'êtes pas des machines.

Vous n'êtes pas des esclaves.

Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l'amour du monde dans le cour.

Vous n'avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n'est pas fait d'amour.

Soldats ne vous battez pas pour l'esclavage mais pour la liberté.

Il est écrit dans l'Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l'être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l'occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n'ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s'affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.

Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l'avidité, avec la haine et l'intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !
Hannah, est-ce que tu m'entends ? Où que tu sois, lève les yeux ! Lève les yeux, Hannah ! Les nuages se dissipent ! Le soleil perce ! Nous émergeons des ténèbres pour trouver la lumière ! Nous pénétrons dans un monde nouveau, un monde meilleur, où les hommes domineront leur cupidité, leur haine et leur brutalité. Lève les yeux, Hannah ! L'âme de l'homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler. Elle vole vers l'arc-en-ciel, vers la lumière de l'espoir. Lève les yeux, Hannah ! Lève les yeux !


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